Sommaire de l'article
- Un vaccin recommandé, jamais obligatoire
- Qu’est-ce que l’encéphalite à tiques exactement
- Les zones à risque dans les Dolomites
- Alors, faut-il vraiment se faire vacciner ?
- Comment se faire vacciner avant le départ
- Se protéger sans (ou en plus du) vaccin
- Maladie de Lyme : le risque le plus fréquent, sans vaccin disponible
- Que faire en cas de morsure pendant le séjour
- En résumé
Entre deux réservations de refuge et le choix des chaussures de randonnée, une question revient de plus en plus souvent avant un séjour dans les Dolomites : faut-il se faire vacciner contre l’encéphalite à tiques ? Ce n’est pas une obligation administrative, mais ce n’est pas non plus une inquiétude sortie de nulle part. Voici ce que disent réellement les données sanitaires sur le Trentin-Haut-Adige et la Vénétie, et comment décider si la vaccination a du sens pour votre voyage.
Un vaccin recommandé, jamais obligatoire
Aucun document, aucun contrôle à l’arrivée en Italie ne vous demandera un carnet de vaccination. Il n’existe aucune obligation vaccinale pour visiter les Dolomites, que ce soit pour l’encéphalite à tiques ou pour toute autre maladie. La question relève uniquement d’une recommandation sanitaire, au même titre que le vaccin contre l’hépatite A pour certaines destinations tropicales.
Cette recommandation ne s’applique pas non plus à tout le monde de la même façon. Elle dépend surtout de votre programme : un séjour axé sur les villes (Bolzano, Trento, Cortina d’Ampezzo) et les grandes remontées mécaniques expose très peu aux tiques. À l’inverse, des randonnées répétées en forêt, du camping ou un séjour prolongé en zone rurale changent la donne.
Qu’est-ce que l’encéphalite à tiques exactement
L’encéphalite à tiques, aussi appelée FSME ou TBE (tick-borne encephalitis), est une infection virale transmise par la piqûre d’une tique infectée. Elle touche le système nerveux central et peut provoquer, dans les formes les plus sérieuses, une méningite ou une encéphalite. La grande majorité des personnes infectées ne développent toutefois aucun symptôme ou seulement un syndrome grippal léger qui passe inaperçu.
Elle ne doit pas être confondue avec la maladie de Lyme, elle aussi transmise par les tiques mais causée par une bactérie et non un virus : les deux se préviennent par les mêmes gestes de protection, mais seule l’encéphalite à tiques dispose d’un vaccin.
Les zones à risque dans les Dolomites

Le Trentin-Haut-Adige et la province de Belluno, en Vénétie, qui couvrent une large partie du massif des Dolomites, font partie des foyers historiques de l’encéphalite à tiques en Italie du Nord, avec des cas documentés depuis les années 1990 et une incidence en augmentation depuis le début des années 2000. C’est d’ailleurs assez révélateur : depuis 2018, les provinces autonomes de Trente et de Bolzano proposent la vaccination gratuite à leurs résidents et aux travailleurs exposés (agriculteurs, forestiers), signe que la question est prise au sérieux localement.
Le risque n’est cependant pas uniforme sur tout le massif. Il se concentre dans les zones boisées et rurales situées sous 1 500 m d’altitude, là où les tiques trouvent l’humidité et la végétation basse dont elles ont besoin. Au-dessus de cette altitude, sur les crêtes rocheuses et les zones alpines dénudées où se concentrent une bonne partie des randonnées emblématiques des Dolomites (Tre Cime, Seceda, Alpe di Siusi en altitude), le risque chute fortement.
La saison compte tout autant que le lieu : les tiques sont actives du printemps à l’automne, avec un pic généralement entre mai et juillet puis un second en septembre-octobre. En plein hiver, sous la neige, le risque devient négligeable.
Vérifiez votre couverture santé avant de partir : une bonne assurance voyage doit couvrir les frais médicaux à l’étranger, y compris une éventuelle prise en charge liée à une piqûre de tique. Consultez notre guide sur l’assurance randonnée et via ferrata dans les Dolomites pour les points à vérifier avant de réserver.
Alors, faut-il vraiment se faire vacciner ?
C’est une décision qui dépend de votre profil de voyage, pas une réponse universelle. Voici les cas où la vaccination a du sens :
- Vous prévoyez des randonnées répétées en forêt ou en zone rurale en dessous de 1 500 m, notamment dans les vallées boisées du Trentin ou du Val di Fassa.
- Vous partez entre mai et octobre, la période d’activité des tiques.
- Vous prévoyez du camping, des bivouacs ou des nuits en zone rurale plutôt qu’en hôtel.
- Votre séjour dure plusieurs semaines, ce qui augmente mécaniquement l’exposition cumulée.
- Vous voyagez avec des enfants, plus susceptibles de s’aventurer dans les hautes herbes sans y prêter attention.
À l’inverse, si votre séjour se limite à quelques jours entre les villages, les téléphériques et les sentiers d’altitude au-dessus de la limite des arbres, le bénéfice de la vaccination reste marginal face à son coût et au délai nécessaire avant le départ. Dans ce cas, les mesures de prévention physique (voir plus bas) suffisent largement.
En cas de doute, un médecin généraliste ou un centre de vaccination internationale peut évaluer votre situation précise en quelques minutes lors d’une consultation de conseil aux voyageurs.
Comment se faire vacciner avant le départ

En France comme en Belgique, le vaccin contre l’encéphalite à tiques s’obtient sur prescription, dans un centre de vaccination internationale, un centre de conseil aux voyageurs ou auprès de certains médecins généralistes. Il n’est pas disponible en accès libre en pharmacie.
Schéma classique : deux injections espacées d’un mois, suivies d’une troisième dose entre 5 et 12 mois plus tard pour une protection longue durée, puis un rappel tous les 5 ans. Pour un voyage, les deux premières doses suffisent déjà à offrir une protection significative.
Schéma accéléré : certains centres proposent un protocole en deux doses rapprochées (J0 et J14), utile si le départ est proche, mais à valider avec le médecin vaccinateur car il n’est pas disponible partout.
Délai à prévoir : comptez idéalement 4 à 6 semaines avant le départ pour le schéma classique, afin que la protection soit effective à l’arrivée dans les Dolomites.
Coût : entre 60 et 90 € par dose selon le centre et le laboratoire, non systématiquement remboursé par l’Assurance Maladie dans un cadre de voyage touristique. Certaines mutuelles proposent un forfait vaccins-voyage qui couvre tout ou partie de la dépense : vérifiez votre contrat avant de payer intégralement de votre poche.
Compléter votre trousse de randonnée : un tire-tique, un répulsif adapté et des vêtements longs et clairs font autant la différence qu’un vaccin pour éviter les piqûres. Retrouvez-les dans notre sélection des accessoires indispensables pour les Dolomites.
Se protéger sans (ou en plus du) vaccin
Le vaccin protège uniquement contre l’encéphalite à tiques, pas contre les piqûres elles-mêmes ni contre les autres maladies transmises par les tiques, comme la maladie de Lyme. Les gestes de prévention restent donc indispensables, vaccin ou non :
Portez des vêtements longs et clairs en randonnant dans les zones boisées ou les hautes herbes, y compris en été. Le clair permet de repérer plus facilement une tique avant qu’elle ne se fixe. Rentrez le bas du pantalon dans les chaussettes sur les sentiers les plus végétalisés.
Utilisez un répulsif anti-tiques contenant du DEET ou de l’IR3535 sur la peau exposée et sur les vêtements avant de partir en forêt.
Restez sur les sentiers balisés autant que possible et évitez de vous frayer un chemin dans les hautes herbes ou les broussailles denses.
Inspectez-vous soigneusement le soir, en particulier les plis (genoux, aisselles, cuir chevelu, nombril) où les tiques se logent volontiers. Faites de même pour les enfants et les animaux qui vous accompagnent.
Retirez toute tique rapidement avec un tire-tique ou une pince fine, en tirant tout droit sans écraser l’abdomen. Le risque de transmission augmente avec le temps de fixation : un retrait dans les 24 premières heures réduit fortement le risque, quelle que soit la maladie en cause.
Maladie de Lyme : le risque le plus fréquent, sans vaccin disponible
Il est utile de rappeler qu’en Europe, la maladie de Lyme est statistiquement bien plus fréquente que l’encéphalite à tiques, alors qu’elle ne dispose d’aucun vaccin commercialisé actuellement. Elle se signale généralement par une tache rouge circulaire qui s’étend progressivement autour du point de piqûre (érythème migrant), parfois accompagnée de fatigue ou de fièvre légère, dans les jours ou semaines suivant la morsure. Traitée tôt par antibiotiques, elle se soigne bien. D’où l’importance de surveiller toute piqûre pendant environ un mois après le retour, vaccin contre l’encéphalite ou non.
Préparer vos randonnées dans les Dolomites : consultez notre sélection des plus beaux sentiers du massif pour planifier vos itinéraires, y compris ceux qui restent au-dessus de la limite des arbres et donc moins exposés aux tiques.
Que faire en cas de morsure pendant le séjour
Si vous repérez une tique fixée pendant votre séjour dans les Dolomites, retirez-la sans attendre avec un tire-tique (facile à trouver en pharmacie locale, y compris à Cortina, Bolzano ou Ortisei). Désinfectez ensuite la zone avec un antiseptique classique. Notez la date de la piqûre sur votre téléphone : c’est une information utile si un symptôme apparaît dans les semaines suivantes.
En cas de fièvre, de maux de tête inhabituels ou de rougeur qui s’étend autour de la piqûre, consultez un médecin sur place (les farmacie italiennes orientent facilement vers un médecin ou une guardia medica) ou à votre retour en France, en signalant systématiquement le voyage et la piqûre de tique.
En résumé
Le vaccin contre l’encéphalite à tiques n’est pas obligatoire pour visiter les Dolomites, mais il mérite d’être considéré sérieusement si votre séjour comprend des randonnées répétées en forêt sous 1 500 m d’altitude entre mai et octobre, du camping, ou dure plusieurs semaines. Pour un séjour plus urbain ou centré sur l’altitude, les gestes de prévention physique (vêtements longs, répulsif, inspection quotidienne) suffisent dans la grande majorité des cas. Dans le doute, une consultation de conseil aux voyageurs 4 à 6 semaines avant le départ permet de trancher rapidement selon votre itinéraire précis.
Pour compléter votre préparation santé et sécurité, consultez aussi nos guides sur le mal de l’altitude dans les Dolomites et sur les formalités administratives pour visiter les Dolomites.
Questions fréquentes
Le vaccin contre l'encéphalite à tiques est-il obligatoire pour aller dans les Dolomites ?
Non, aucun vaccin n'est obligatoire pour entrer en Italie ou dans les Dolomites, y compris celui contre l'encéphalite à tiques. C'est une vaccination recommandée au cas par cas selon votre profil de séjour (randonnée fréquente en forêt, camping, séjour prolongé), pas une exigence administrative comme un visa.
Les Dolomites sont-elles une zone à risque pour l'encéphalite à tiques ?
Oui, en partie. Le Trentin-Haut-Adige et la province de Belluno, qui couvrent une bonne partie du massif des Dolomites, font partie des zones d'Italie du Nord où des cas ont été recensés depuis les années 1990, avec une incidence en hausse depuis les années 2000. Le risque concerne surtout les zones boisées et rurales situées sous 1 500 m d'altitude, du printemps à l'automne.
Combien coûte le vaccin contre l'encéphalite à tiques en France ou en Belgique ?
Comptez entre 60 et 90 € par dose en pharmacie ou centre de vaccination internationale, pour un schéma classique de 2 à 3 doses selon le laboratoire. Le vaccin n'est généralement pas remboursé par l'Assurance Maladie française lorsqu'il est prescrit dans un cadre de voyage plutôt que professionnel, mais certaines mutuelles le prennent en charge partiellement.
Combien de temps avant le départ faut-il se faire vacciner ?
Idéalement 4 à 6 semaines avant le départ pour un schéma classique à deux doses (J0 et un mois plus tard), qui offre déjà une protection significative. Il existe aussi des schémas accélérés (J0, J14) proposés dans certains centres de vaccination internationale si le départ est plus proche, mais ils nécessitent un avis médical.
Que faire si je trouve une tique plantée sur moi dans les Dolomites ?
Retirez-la au plus vite avec un tire-tique ou une pince fine, en tirant tout droit sans tourner ni écraser l'abdomen, puis désinfectez la zone. N'utilisez ni éther ni alcool avant le retrait, ce qui peut faire régurgiter la tique et augmenter le risque de transmission. Notez la date et surveillez la zone pendant un mois : consultez un médecin en cas de rougeur qui s'étend (érythème migrant) ou de fièvre.
Faut-il se vacciner pour un simple séjour citadin à Bolzano ou Cortina ?
Non, le risque est quasi nul en ville. La vaccination ne se justifie que si votre séjour inclut des randonnées répétées en forêt ou en zone rurale sous 1 500 m d'altitude, du printemps à l'automne. Un séjour centré sur les villes et les remontées mécaniques au-dessus de la limite des arbres présente un risque très faible d'exposition aux tiques.