Sommaire de l'article
- Pourquoi ces chiens sont de plus en plus présents dans les Dolomites
- Comment reconnaître un chien de protection de troupeau
- Les bons réflexes si un chien de troupeau s’approche
- Ce qu’il ne faut surtout pas faire
- Si vous randonnez avec votre propre chien
- Où le risque de croiser un chien de troupeau est le plus élevé
- En cas d’incident : que faire
- En résumé
Vous marchez tranquillement sur un sentier d’alpage dans les Dolomites, entre deux tours rocheuses, quand un gros chien blanc surgit au milieu d’un troupeau de moutons et se met à aboyer dans votre direction. Pas de panique : ce n’est presque jamais une agression, mais un chien de protection de troupeau qui fait simplement son travail. Ces dernières années, leur présence a fortement augmenté sur les alpages du Trentin-Haut-Adige et de Vénétie, en lien direct avec le retour naturel du loup dans les Alpes italiennes. Voici comment les reconnaître, comment réagir correctement, et où vous avez le plus de chances d’en croiser pendant votre séjour.
Pourquoi ces chiens sont de plus en plus présents dans les Dolomites
Le loup a recolonisé naturellement une bonne partie de l’arc alpin italien au cours des vingt dernières années, y compris le Trentin, le Haut-Adige (Alto Adige/Südtirol) et la province de Belluno qui couvrent l’essentiel du massif des Dolomites. Face aux prédations sur les troupeaux d’estive, de plus en plus d’éleveurs locaux combinent plusieurs mesures de protection : clôtures électrifiées, regroupement nocturne des bêtes, et surtout chiens de protection de troupeau, élevés et intégrés au troupeau dès l’âge de deux ou trois mois.
La race la plus utilisée en Italie est le Pastore Maremmano Abruzzese, un grand chien blanc au poil long, sélectionné depuis des siècles précisément pour ce rôle. Ce n’est pas un chien de compagnie ni un chien de berger qui rassemble le troupeau : c’est un gardien qui vit en permanence avec les moutons ou les chèvres, les considère comme sa famille, et défend le troupeau contre toute menace perçue — loup, renard, ou parfois randonneur qui s’approche d’un peu trop près sans le savoir.
Comment reconnaître un chien de protection de troupeau
Le repérage est en général assez simple :
- Couleur claire, presque toujours blanche — un choix historique qui permet à l’éleveur de le distinguer facilement du loup, du renard ou des moutons dans la pénombre
- Grande taille (souvent 60-75 cm au garrot, 35-45 kg), poil long et abondant
- Toujours à proximité immédiate d’un troupeau de moutons ou de chèvres, jamais seul en balade sur le sentier
- Comportement d’observation avant toute réaction : il vous regarde, se positionne entre vous et le troupeau, aboie parfois pour signaler votre présence
Un panneau à l’entrée du pâturage annonce en principe sa présence : “Attenzione cani da guardiania” en italien, “Vorsicht Herdenschutzhunde” en allemand dans les zones germanophones du Haut-Adige. Prenez-le au sérieux et adaptez votre comportement dès que vous le voyez, avant même d’apercevoir le chien ou le troupeau.
Assurance randonnée pour les Dolomites
Comparez les couvertures adaptées à la randonnée en montagne.
Les bons réflexes si un chien de troupeau s’approche
La quasi-totalité des incidents s’expliquent par une mauvaise réaction du randonneur plutôt que par une agressivité réelle du chien. Voici la marche à suivre, dans l’ordre :
- Arrêtez-vous et restez calme. Ne courez jamais, même si le chien aboie fort ou se rapproche vite — la course déclenche son instinct de poursuite.
- Mettez-vous de profil, pas face à lui. Un face-à-face direct, surtout avec un regard fixe, peut être perçu comme une posture de confrontation.
- Parlez d’une voix calme et posée (“Ça va le chien, c’est bon”), sans crier ni hausser le ton.
- Laissez-le venir vous flairer s’il s’approche. C’est généralement sa façon de vous identifier ; une fois rassuré, il retourne vers le troupeau de lui-même.
- Reculez lentement en contournant le troupeau par le plus large détour possible, sans jamais couper au milieu des bêtes.
- Reprenez votre marche une fois éloigné, sans vous précipiter et sans regarder derrière vous de façon insistante.
Dans l’immense majorité des cas, tout se termine en quelques dizaines de secondes : le chien aboie, s’approche, vous identifie comme non menaçant, et retourne à sa tâche.
Ce qu’il ne faut surtout pas faire
- Ne courez pas, même par réflexe de peur
- Ne le fixez pas dans les yeux et ne lui faites pas face directement
- N’agitez pas vos bâtons de randonnée, votre sac ou vos bras dans sa direction : un geste brusque peut être lu comme une attaque
- Ne le caressez pas et ne lui donnez pas à manger, même s’il semble amical : cela perturbe son travail et l’habitue à s’approcher des humains, ce qui augmente le risque pour les randonneurs suivants
- Ne traversez jamais le troupeau pour “couper au plus court” — c’est la situation qui provoque le plus de réactions défensives
- Ne criez pas et ne le menacez pas, même s’il grogne ou aboie fort ; l’intimidation aggrave la situation plutôt que de la calmer
Si vous randonnez avec votre propre chien
C’est la situation qui pose le plus de risques réels. Un chien de compagnie qui s’approche librement d’un troupeau est perçu comme une menace directe par le chien de protection, qui peut réagir bien plus vivement qu’avec un randonneur seul et sans laisse. Dès que vous apercevez un panneau signalant des chiens de garde ou un troupeau sur le sentier :
- Mettez votre chien en laisse courte immédiatement, bien avant d’arriver à hauteur du troupeau
- Faites un large détour si le terrain le permet plutôt que de longer la clôture de près
- Envisagez un autre itinéraire si le pâturage occupe toute la largeur du sentier balisé, ce qui arrive sur certains alpages d’estive très fréquentés par les troupeaux entre juillet et septembre
Si vous prévoyez de faire découvrir les Dolomites à votre compagnon à quatre pattes, notre guide sur voyager avec son chien dans les Dolomites détaille aussi les règles d’accès aux refuges et aux téléphériques.
Équipement de randonnée pour les Dolomites
Chaussures, bâtons et sacs adaptés aux sentiers d’alpage.
Où le risque de croiser un chien de troupeau est le plus élevé

Les chiens de protection accompagnent des troupeaux qui montent en estive entre juin et septembre, sur les grands alpages d’altitude du massif :
- Alpe di Siusi, le plus vaste alpage d’Europe, très fréquenté par les troupeaux comme par les randonneurs
- Plateau des Fanes et environs du Parc naturel Fanes-Senes-Braies
- Puez-Odle, sur les hauteurs de Val Gardena et d’Alta Badia
- Alpages autour de Corvara, Colfosco et du Val di Fassa, notamment sur les itinéraires reliant les refuges
- Plus largement, tout sentier balisé qui traverse un pâturage clôturé au-dessus de 1 500-1 600 m d’altitude en saison estivale
Si votre itinéraire du jour traverse l’un de ces secteurs, gardez un œil sur la présence de moutons ou de chèvres au loin : c’est le meilleur indice qu’un chien de protection n’est pas loin. Pour planifier vos sorties en connaissance de cause, notre sélection des plus beaux sentiers de randonnée des Dolomites précise le type de terrain traversé pour chaque itinéraire.
En cas d’incident : que faire
Les morsures restent rares lorsque les bons réflexes sont appliqués, mais un incident reste possible, en particulier si un chien de compagnie non tenu en laisse provoque une réaction défensive. En cas de morsure ou de griffure :
- Nettoyez la plaie à l’eau et au savon dès que possible, puis désinfectez avec un antiseptique
- Consultez rapidement un médecin ou une guardia medica locale pour évaluer le risque infectieux et la nécessité d’un rappel antitétanique
- Signalez l’incident au propriétaire du troupeau ou à la malga (ferme d’alpage) la plus proche si vous pouvez l’identifier, ce qui aide aussi à prévenir de futurs incidents
- Vérifiez votre couverture d’assurance voyage pour les frais médicaux à l’étranger — un point à valider avant le départ dans notre guide sur l’assurance randonnée et via ferrata dans les Dolomites
En résumé
Croiser un chien de protection de troupeau dans les Dolomites devient de plus en plus fréquent sur les grands alpages du massif, à mesure que les éleveurs locaux s’adaptent au retour du loup. Ce n’est pas une menace en soi : un Pastore Maremmano Abruzzese bien élevé ne cherche qu’à protéger son troupeau, pas à attaquer un randonneur qui garde ses distances. Restez calme, ne courez jamais, mettez-vous de profil, laissez-le vous identifier et contournez largement le troupeau : dans la grande majorité des cas, tout rentre dans l’ordre en moins d’une minute, et vous reprenez votre randonnée comme si de rien n’était.
Questions fréquentes
Pourquoi y a-t-il des chiens de troupeau dans les Dolomites ?
Depuis le retour naturel du loup dans les Alpes italiennes, de plus en plus d'éleveurs du Trentin-Haut-Adige et de Vénétie utilisent des chiens de protection pour défendre leurs troupeaux de moutons et de chèvres sur les alpages d'été. Leur présence a nettement augmenté sur les pâturages des Dolomites ces dernières années, en particulier entre 1 500 et 2 200 m d'altitude.
Le chien de troupeau des Dolomites est-il dangereux pour les randonneurs ?
Non, pas s'il est bien élevé et que vous adoptez le bon comportement. Le Pastore Maremmano Abruzzese, la race la plus utilisée en Italie, est sélectionnée depuis des siècles pour être protectrice sans être agressive envers l'humain. Il peut aboyer, grogner ou s'approcher pour vous identifier, mais mord très rarement s'il n'est pas provoqué ou si vous ne menacez pas le troupeau.
Faut-il fuir en courant si un chien de troupeau s'approche ?
Non, surtout pas. Courir déclenche l'instinct de poursuite du chien et peut être interprété comme une fuite après une attaque. Restez calme, arrêtez-vous, mettez-vous de profil plutôt que face à lui, et laissez-le venir vous renifler avant de repartir tranquillement en vous éloignant du troupeau, sans jamais tourner le dos brusquement.
Peut-on randonner avec son propre chien dans les zones à alpages des Dolomites ?
Oui, mais tenu en laisse courte dès que vous approchez un troupeau ou apercevez un chien de protection. Un chien de compagnie non tenu en laisse est perçu comme une menace directe par le chien de troupeau, qui peut réagir bien plus vivement qu'avec un randonneur seul. Dans les zones de pâturage actif, mieux vaut éviter le sentier ou faire un détour si possible.
Où le risque de croiser un chien de troupeau est-il le plus élevé dans les Dolomites ?
Sur les grands alpages d'estive : Alpe di Siusi, plateau des Fanes, environs de Puez-Odle, alpages autour d'Alta Badia et du Val di Fassa, et plus généralement tout sentier traversant un pâturage clôturé entre juin et septembre. Un panneau ('Attenzione cani da guardiania' ou 'Vorsicht Herdenschutzhunde') signale en principe ces zones en amont.
Que faire en cas de morsure d'un chien de troupeau dans les Dolomites ?
Nettoyez et désinfectez la plaie rapidement, puis consultez un médecin ou une guardia medica pour évaluer le risque infectieux et la nécessité d'un rappel antitétanique. Signalez l'incident au propriétaire du troupeau ou à la malga la plus proche si possible, et vérifiez que votre assurance voyage couvre les frais médicaux liés à ce type d'incident avant de partir.